4,9/5 sur Google

+34 600 280 895

Logo du Réseau d'avocats francophones Espagne Supportimmobilier-en-espagneRéseau d'avocats Espagne Support

Dettes transférées au nouveau propriétaire en Espagne : ce que vous risquez vraiment

Dettes et frais cachés transmis au nouveau propriétaire en Espagne

Réponse courte

Oui, certaines dettes suivent le bien et non le vendeur. En Espagne, l'acheteur peut devoir payer les charges de copropriété impayées de l'année en cours et des trois années précédentes, l'IBI (taxe foncière) non prescrit, une hypothèque ou une saisie non radiée, et, si le vendeur est non-résident, les 3 % d'impôt qu'il aurait dû retenir sur le prix. Les factures d'eau ou d'électricité restent en principe la dette du titulaire du contrat. La protection tient en trois documents à obtenir avant de signer : Nota Simple récente, certificat de la copropriété et justificatif d'IBI.

Les réponses en une phrase

Quelles dettes suivent un bien immobilier vendu en Espagne ?
L'IBI des années en cours et précédentes, les charges de copropriété impayées et les hypothèques inscrites : elles sont attachées au bien, pas seulement au vendeur, et peuvent être réclamées à l'acheteur.
Comment éviter d'hériter des dettes du vendeur en Espagne ?
En exigeant avant l'acte une nota simple récente, un certificat de la communauté de copropriétaires et les derniers reçus d'IBI — pièces à rapprocher des contrôles légaux du notaire et des vérifications complémentaires du dossier.

Pourquoi une dette peut passer du vendeur à l'acheteur en Espagne

En droit espagnol, la plupart des dettes sont personnelles : elles restent attachées à la personne qui les a contractées. Un crédit à la consommation du vendeur ou ses impôts sur le revenu ne vous concernent pas. Mais la loi prévoit plusieurs exceptions, appelées « affections réelles » (afección real) : le bien lui-même garantit le paiement de certaines sommes, quel que soit son propriétaire du moment.

Concrètement, cela signifie que le créancier (la copropriété, la mairie, l'administration fiscale, la banque) peut se retourner contre le logement après la vente. Vous n'êtes pas débiteur à titre personnel, mais si vous ne payez pas, le bien peut être saisi et vendu aux enchères pour couvrir la dette. En pratique, l'acheteur paie, puis tente de se faire rembourser par le vendeur, ce qui est long et souvent illusoire lorsque celui-ci vit à l'étranger.

Le notaire espagnol ne vous protège que partiellement. Il consulte le Registre de la Propriété et demande certains justificatifs, mais il n'a pas vocation à enquêter sur chaque dette. C'est à l'acheteur, ou à son avocat, de réunir les preuves avant de s'engager, et surtout avant de verser les arrhes du contrat d'arras.

Comment obtenir une nota simple au Registre de la propriété espagnol

Le document qui permet de vérifier les charges attachées à un bien s'obtient auprès du Registro de la Propiedad compétent, directement en ligne, par courrier ou au guichet. Il faut indiquer la référence cadastrale ou l'adresse exacte du logement, ainsi que l'identité du demandeur, et régler les frais de délivrance, qui varient selon le registre et restent d'un montant modeste.

La nota simple obtenue de cette façon renseigne sur l'identité du propriétaire inscrit, la description du bien et les charges, hypothèques ou saisies en cours. Elle ne garantit cependant pas à elle seule l'absence de toute dette : les charges de copropriété ou certaines dettes fiscales récentes peuvent ne pas encore y figurer. C'est pourquoi elle doit être complétée par le certificat de la copropriété et par un justificatif d'IBI avant de s'engager.

Les charges de copropriété : l'année en cours et les trois précédentes

C'est la dette la plus fréquente dans les résidences de la Costa Blanca, de la Costa del Sol ou de la Costa Brava, où beaucoup de propriétaires étrangers cessent de payer leurs charges plusieurs années avant de vendre. L'article 9 de la loi sur la propriété horizontale (Ley de Propiedad Horizontal) prévoit que le logement reste affecté au paiement des charges dues pour l'année de la vente et les trois années civiles antérieures. Au-delà, la copropriété ne peut plus se retourner contre l'acheteur.

Pour l'éviter, la loi impose au vendeur de déclarer dans l'acte qu'il est à jour, ou d'indiquer ce qu'il doit, et de remettre un certificat délivré par le secrétaire-administrateur de la copropriété, visé par le président. Sans ce certificat, le notaire ne peut pas signer, sauf si l'acheteur y renonce expressément. Ne renoncez jamais à ce document : c'est la seule preuve opposable à la copropriété.

Attention aux appels de fonds exceptionnels (derramas). Des travaux votés avant la vente mais payables après (ravalement, ascenseur, mise aux normes de la piscine) posent la question de savoir qui paie. La réponse dépend de la date d'exigibilité et de ce que prévoit le contrat. Demandez les procès-verbaux des dernières assemblées générales et faites préciser noir sur blanc dans les arras que les travaux votés avant la signature restent à la charge du vendeur.

  • Exigez le certificat de dettes daté de moins d'un mois à la signature.
  • Lisez les trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale.
  • Vérifiez l'existence d'une procédure judiciaire de la copropriété contre le vendeur.
  • Faites retenir sur le prix, chez le notaire, toute somme restant due.

L'IBI et les taxes municipales espagnoles non payées

L'Impuesto sobre Bienes Inmuebles (IBI) est l'équivalent de la taxe foncière française. Il est dû par la personne propriétaire au 1er janvier, pour toute l'année. La loi sur les finances locales prévoit que le bien est affecté au paiement de l'IBI impayé : la mairie peut donc réclamer au nouveau propriétaire les années que le vendeur n'a pas réglées, dans la limite de la prescription fiscale, en principe quatre ans.

La vérification est simple : demandez le dernier avis d'IBI et la preuve de son paiement, ou mieux, un certificat de situation délivré par l'organisme de recouvrement de la province (SUMA à Alicante, Patronato de Recaudación à Malaga, ORGT à Barcelone, par exemple). Profitez-en pour contrôler la valeur cadastrale, qui sert au calcul de vos futurs impôts de non-résident.

L'année de la vente, l'IBI de l'année entière est légalement dû par le vendeur, propriétaire au 1er janvier. L'usage courant consiste toutefois à le répartir au prorata des jours de détention, et une décision du Tribunal Supremo admet ce partage lorsqu'il est prévu au contrat. Si vous ne voulez pas le payer, écrivez-le clairement. La taxe d'ordures ménagères (basuras), selon les communes, suit une logique comparable.

Hypothèques et saisies inscrites au Registre

Une hypothèque est un droit réel : elle grève le bien et non la personne. Si le vendeur vend sans rembourser son prêt, la banque conserve sa garantie sur le logement et peut le faire saisir entre vos mains. C'est pourquoi la mention d'une hypothèque sur la Nota Simple n'est pas bloquante en soi, à condition que son remboursement soit organisé le jour de l'acte.

En pratique, le notaire obtient de la banque un certificat de solde restant dû. Une partie du prix est remise directement à la banque, par chèque de banque, au moment de la signature. Reste une étape que beaucoup oublient : la radiation (cancelación) de l'hypothèque au Registre, qui nécessite un acte séparé. Tant qu'elle n'est pas faite, la charge apparaît toujours et vous empêchera de revendre ou d'emprunter. Faites prévoir qui la réalise et qui en paie les frais, généralement le vendeur.

Les saisies (anotaciones preventivas de embargo) sont plus délicates, car elles peuvent émaner de l'administration fiscale, de la sécurité sociale ou d'un créancier privé. Une saisie inscrite est opposable à l'acheteur. Elle doit être levée, avec un document officiel du créancier, avant la signature ou au plus tard dans l'acte, le montant étant payé sur le prix.

Vendeur non-résident : la retenue de 3 % sur le prix

Lorsque le vendeur n'est pas fiscalement résident en Espagne, l'acheteur doit retenir 3 % du prix et les verser au Trésor espagnol (Agencia Tributaria) au moyen du formulaire modèle 211, dans le mois qui suit la signature. Cette somme constitue un acompte sur l'impôt de plus-value du vendeur.

Si l'acheteur oublie de la retenir ou de la verser, le bien reste affecté au paiement de cette somme. L'administration peut alors la réclamer au nouveau propriétaire, avec intérêts et pénalités. Le notaire mentionne en principe la retenue dans l'acte, mais c'est bien à l'acheteur, ou à la personne qu'il mandate, de déposer le modèle 211 dans les délais.

La même logique s'applique à la plus-value municipale (plusvalía municipal, IIVTNU). Elle est due par le vendeur, mais si celui-ci est non-résident, la loi fait de l'acheteur le redevable substitut. Il est donc d'usage de retenir sur le prix le montant estimé de cette taxe pour la payer à la place du vendeur.

Eau, électricité, gaz : des dettes en principe personnelles

Les factures impayées d'eau, d'électricité, de gaz ou d'internet sont des dettes du titulaire du contrat, pas du logement. Le fournisseur ne peut pas légalement vous les imputer. Dans les faits, il arrive pourtant qu'un compteur ait été coupé pour impayé et que la remise en service impose des frais de raccordement ou de nouveaux contrôles de l'installation, surtout si le logement est inoccupé depuis longtemps.

Demandez les dernières factures acquittées de chaque service, relevez les compteurs le jour des clés et faites le changement de titulaire immédiatement. Dans certaines communes, le service de l'eau est géré par la mairie ou une entreprise municipale : un impayé ancien peut alors compliquer la reprise du contrat. Mieux vaut le savoir avant de signer que le découvrir en arrivant pour les vacances.

Infractions d'urbanisme en Espagne : la dette invisible

Une véranda fermée sans permis, une piscine non déclarée, une maison de campagne agrandie sur terrain non constructible : les obligations liées à l'urbanisme suivent le bien. Une amende, une obligation de mise en conformité ou, dans les cas graves, un ordre de démolition peut être exécuté contre le nouveau propriétaire, même s'il n'a rien construit.

Ces risques n'apparaissent pas toujours sur la Nota Simple. Il faut comparer la surface inscrite au Registre, celle du cadastre et la réalité du terrain, puis interroger le service d'urbanisme de la mairie sur l'existence d'un dossier d'infraction ou d'une procédure en cours. C'est l'un des contrôles que réalise l'avocat de l'acheteur, particulièrement sur les maisons rurales de la Costa Blanca ou d'Andalousie.

La méthode pour acheter sans hériter des dettes

Les vérifications doivent intervenir à deux moments : avant de signer les arras, pour décider de s'engager ou non, puis quelques jours avant l'acte notarié, pour s'assurer que rien n'a changé entre-temps. Une saisie peut être inscrite en quelques semaines.

  • Nota Simple récente : propriétaire réel, hypothèques, saisies et affections fiscales.
  • Certificat de la copropriété : dettes à jour et appels de fonds votés.
  • Justificatif de paiement de l'IBI et de la taxe d'ordures des dernières années.
  • Statut fiscal du vendeur : résident ou non, pour organiser la retenue de 3 %.
  • Dernières factures acquittées d'eau, d'électricité et de gaz.
  • Contrôle urbanistique : permis, cadastre, absence de procédure en cours.
  • Clause au contrat : toutes les dettes antérieures à la signature restent à la charge du vendeur.
  • Retenue sur le prix chez le notaire de toute somme identifiée comme due.

Questions fréquentes

Le nouveau propriétaire doit-il payer les dettes de l'ancien en Espagne ?

Pas toutes. Il doit supporter les dettes attachées au bien : charges de copropriété de l'année en cours et des trois années précédentes, IBI non prescrit, hypothèques et saisies inscrites non levées, retenue de 3 % non versée si le vendeur est non-résident. Les dettes personnelles du vendeur ne le concernent pas.

Sur combien d'années la copropriété peut-elle réclamer des charges impayées ?

Sur l'année de la vente et les trois années civiles précédentes, selon l'article 9 de la Ley de Propiedad Horizontal. Les charges plus anciennes ne peuvent être réclamées qu'à l'ancien propriétaire.

Comment savoir si un appartement a des dettes de copropriété ?

En demandant au vendeur le certificat de dettes signé par le secrétaire-administrateur et visé par le président de la copropriété. Ce document est obligatoire pour signer chez le notaire, sauf renonciation expresse de l'acheteur, qu'il faut refuser.

Qui paie l'IBI l'année de la vente ?

Légalement, le propriétaire au 1er janvier, donc le vendeur. En pratique, les parties le répartissent souvent au prorata de la durée de détention, ce qui est valable si le contrat le prévoit. À défaut de clause, le vendeur reste redevable de l'année entière.

Que se passe-t-il si l'hypothèque du vendeur n'est pas radiée ?

Elle reste inscrite au Registre et continue de grever le bien, même si le prêt a été remboursé. Vous ne pourrez ni revendre ni emprunter en donnant le bien en garantie tant que la radiation n'est pas faite. Faites prévoir dans l'acte qui s'en charge.

Dois-je payer les factures d'électricité ou d'eau impayées par le vendeur ?

En principe non : ce sont des dettes du titulaire du contrat. Des frais de remise en service peuvent toutefois s'appliquer si le compteur a été coupé. Demandez les dernières factures acquittées et changez le titulaire dès la remise des clés.

Qu'est-ce que le modèle 211 ?

C'est le formulaire par lequel l'acheteur verse au Trésor espagnol les 3 % retenus sur le prix lorsque le vendeur est non-résident. Il doit être déposé dans le mois suivant la signature. À défaut, l'administration peut réclamer la somme au nouveau propriétaire.

Le notaire vérifie-t-il toutes les dettes ?

Ses contrôles légaux comprennent l’information registrale, le certificat de copropriété selon le régime et les informations et avertissements sur l’IBI. Ils ne valent pas audit complet de toutes les dettes, de l’urbanisme ou des fournitures : les vérifications complémentaires doivent être organisées avant les arras.

Comment obtenir une nota simple avant d'acheter ?

Elle se demande au Registro de la Propiedad compétent, en ligne ou au guichet, avec la référence cadastrale ou l'adresse du bien et le paiement des frais de délivrance.

Pour aller plus loin

  • Les charges de copropriété en détail.Derramas votées, fonds de réserve, procès-verbaux et certificat du syndic : tout ce qu'il faut contrôler côté copropriété avant de signer.
  • Les 15 pièges à éviter avant de signer.Ce dossier complète le guide sur les dettes susceptibles de suivre un bien immobilier en précisant les contrôles et décisions utiles autour de Les 15 pièges à éviter.
  • Lire la Nota Simple ligne par ligne.Utilisez cette lecture après ce dossier sur les dettes susceptibles de suivre un bien immobilier pour approfondir concrètement Lire la Nota Simple ligne par ligne.
  • Le contrato de arras, où inscrire la clause de dettes.Cette ressource relie les dettes susceptibles de suivre un bien immobilier à l’étape suivante de votre projet : Le contrato de arras.
  • L'IBI, la taxe foncière espagnole.Poursuivez avec L'IBI, la taxe foncière espagnole afin de replacer cette question dans l’ensemble de votre achat.
  • L'avocat de l'acheteur et l'audit du bien.Le point L'avocat de l'acheteur et l'audit du bien apporte un éclairage complémentaire directement utile à ce sujet.

Informations générales à jour en 2026. Règles générales ; chaque situation doit être vérifiée au cas par cas.