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Charges de copropriété en Espagne : derramas, dettes de l'ancien propriétaire et certificat du syndic

Édité par le Réseau d'avocats Espagne Support — Mis à jour le 15 octobre 2026

Réponse courte

En Espagne, la copropriété (comunidad de propietarios) est régie par la loi 49/1960 sur la propriété horizontale. L'acheteur répond, avec le logement, des charges impayées de l'année de la vente et des trois années précédentes (article 9). Pour l'éviter, le vendeur doit remettre chez le notaire un certificat de l'état des dettes signé par le secrétaire et visé par le président, délivré en sept jours au plus. Les travaux exceptionnels votés (derramas) se paient selon leur date d'exigibilité et ce que prévoit le contrat : demandez les procès-verbaux des dernières assemblées avant de signer les arras.

Les réponses en une phrase

L'acheteur paie-t-il les dettes de copropriété du vendeur ?
Le logement répond des charges de l'année en cours et des trois années précédentes ; au-delà, la copropriété ne peut plus se retourner contre lui.
Qu'est-ce qu'une derrama ?
Un appel de fonds exceptionnel voté en assemblée pour des travaux ou une dépense hors budget ordinaire.
Peut-on louer en touristique dans une copropriété ?
Depuis le 3 avril 2025, toute nouvelle location touristique exige l'accord exprès de la copropriété à la majorité des 3/5.
Résidence de la Costa Blanca en travaux de façade avec échafaudage, piscine commune et panneau d'affichage de la copropriété

Comment fonctionne une copropriété espagnole

Chaque appartement a une quote-part (cuota de participación) fixée dans le titre constitutif, qui détermine sa part des charges et son poids dans les votes. Les décisions se prennent en assemblée générale (junta de propietarios), au moins une fois par an pour approuver le budget et les comptes. Le président est un copropriétaire ; la gestion est souvent confiée à un administrateur de biens professionnel (administrador de fincas), qui fait aussi office de secrétaire.

Dans les résidences de vacances de la Costa Blanca, de la Costa del Sol ou de la Costa Brava, piscines, jardins, ascenseurs et gardiennage font monter les charges. Leur montant varie énormément d'un immeuble à l'autre : seul le budget voté de l'immeuble fait foi, pas une estimation d'agence.

Charges ordinaires et derramas : la différence capitale

Les charges ordinaires (gastos ordinarios) couvrent le fonctionnement courant prévu au budget annuel : entretien, nettoyage, électricité des parties communes, assurance, honoraires de l'administrateur. Elles sont payées par mensualités ou trimestrialités.

Les derramas sont des appels de fonds exceptionnels votés pour une dépense non prévue : ravalement, réfection de toiture, remplacement de l'ascenseur, mise aux normes de la piscine, procès contre le promoteur. Elles peuvent représenter plusieurs milliers d'euros par lot, payables en une ou plusieurs échéances. Ce sont elles qui surprennent les acheteurs.

La loi impose un fonds de réserve d'au moins 10 % du dernier budget ordinaire (article 9.1.f), destiné à la conservation de l'immeuble. Un fonds bien doté réduit le risque de derrama brutale ; un fonds vide est un signal d'alerte.

Travaux votés avant la vente, payables après : qui paie ?

En principe, une dette de copropriété incombe à celui qui est propriétaire au moment où elle devient exigible, c'est-à-dire à la date de chaque échéance fixée par l'assemblée. Une derrama votée en mars et payable en septembre sera donc réclamée à l'acheteur qui a signé en juin, même si le vendeur a voté les travaux.

Vendeur et acheteur peuvent convenir autre chose entre eux, mais cet accord ne lie pas la copropriété : il donne seulement à l'acheteur un recours contre le vendeur. La seule protection efficace est d'écrire dans les arras et dans l'acte que les derramas votées avant la signature restent à la charge du vendeur, avec une retenue sur le prix pour les échéances futures.

Les dettes de l'ancien propriétaire : année en cours et trois ans

L'article 9.1.e de la loi sur la propriété horizontale affecte le logement au paiement des charges dues pour l'année de la vente et les trois années civiles antérieures. Concrètement, si le vendeur n'a pas payé, la copropriété peut poursuivre le recouvrement sur le logement lui-même, désormais à vous, jusqu'à sa saisie. Elle dispose pour cela d'une procédure judiciaire rapide (proceso monitorio, article 21).

Les dettes plus anciennes restent celles du vendeur seul. Cette règle s'ajoute aux autres dettes qui suivent le bien : IBI non prescrit, hypothèque non radiée, retenue de 3 % si le vendeur est non-résident.

Le certificat de la copropriété chez le notaire

Pour vendre, le vendeur doit déclarer dans l'acte qu'il est à jour des charges ou indiquer ce qu'il doit, et remettre un certificat de l'état des dettes avec la copropriété. Ce certificat est délivré par le secrétaire, avec le visa du président, dans un délai maximum de sept jours calendaires après la demande. Sans lui, le notaire ne peut pas autoriser la vente, sauf si l'acheteur l'en dispense expressément.

Ne renoncez jamais à ce certificat. Lisez-le aussi : il doit mentionner les derramas votées et non encore exigibles. Un certificat « à jour » qui ne dit rien des travaux votés ne vous protège pas contre les échéances futures. Et le secrétaire qui délivre un certificat inexact engage sa responsabilité.

Comment vérifier la santé financière de l'immeuble

Avant l'offre, demandez au vendeur ou à l'administrateur : les procès-verbaux des trois dernières assemblées, le budget de l'année et les comptes approuvés, le montant du fonds de réserve, la liste des procédures en cours et le rapport d'inspection technique de l'immeuble s'il existe. Ces documents révèlent les travaux à venir bien avant qu'ils soient votés.

  • Travaux évoqués mais reportés en assemblée : derrama probable.
  • Taux d'impayés élevé parmi les copropriétaires : charges futures plus lourdes.
  • Procès contre le promoteur ou un voisin : frais d'avocat partagés.
  • Inspection technique défavorable : travaux obligatoires.

Ce que la copropriété peut interdire : location touristique et usages

Depuis le 3 avril 2025 (loi organique 1/2025), tout propriétaire qui veut commencer une activité de location touristique doit obtenir au préalable l'accord exprès de la copropriété, voté par les trois cinquièmes des propriétaires représentant les trois cinquièmes des quotes-parts. Le président peut exiger l'arrêt d'une activité non autorisée. La même majorité permet de limiter, conditionner ou interdire cette activité.

Les statuts peuvent aussi encadrer l'usage des terrasses, des parties communes ou les fermetures de balcons. Si votre projet est de louer aux vacanciers ou de transformer le logement, les statuts et les derniers procès-verbaux doivent être lus avant les arras.

Après l'achat : prévenir la copropriété et participer aux décisions

Une fois l'acte signé, informez l'administrateur ou le secrétaire du changement de propriétaire. L'article 9.1.i de la loi sur la propriété horizontale l'impose : tant que la copropriété n'a pas été prévenue, l'ancien propriétaire reste tenu des dettes nées après la vente, solidairement avec vous, et c'est vous qui risquez de ne pas recevoir les convocations. Communiquez une adresse postale et électronique où vous joindre en France.

Vivre loin n'empêche pas de voter. Un propriétaire peut se faire représenter à l'assemblée par une personne de son choix, sur simple écrit signé (article 15). C'est utile quand l'ordre du jour prévoit des travaux importants ou une décision sur la location touristique : les absents qui ne s'opposent pas dans les délais prévus peuvent être comptés comme favorables pour certaines majorités.

Enfin, intégrez dès le départ les charges dans votre budget annuel, avec l'IBI, l'assurance et l'impôt des non-résidents. Un appartement bon marché dans une résidence aux charges élevées peut coûter plus cher chaque année qu'un appartement plus cher dans un petit immeuble sans piscine.

  • Envoyer à l'administrateur une copie de l'acte et vos coordonnées.
  • Domicilier le paiement des charges sur votre compte espagnol.
  • Demander à recevoir convocations et procès-verbaux par courriel.
  • Donner procuration écrite pour les assemblées où vous ne pouvez pas venir.

Ce que fait l'avocat du réseau

Le secrétariat étudie l'annonce et les documents reçus, puis l'avocat compétent pour la région vous propose ses honoraires par écrit. Il obtient le certificat et les procès-verbaux, analyse les travaux votés ou probables, rédige la clause de répartition des derramas et la retenue sur le prix, et vérifie l'acte avant la signature.

Questions fréquentes

Faut-il prévenir la copropriété après l'achat ?

Oui : tant que le changement de propriétaire n'est pas communiqué, l'ancien propriétaire reste tenu solidairement des dettes postérieures à la vente, et vous risquez de ne recevoir aucune convocation.

Peut-on voter sans venir à l'assemblée ?

Oui, en donnant une procuration écrite à la personne de votre choix (article 15 de la loi sur la propriété horizontale).

Les charges de copropriété sont-elles fixées par la loi ?

Non : elles dépendent du budget voté chaque année par l'assemblée et de la quote-part de chaque logement ; seul ce budget fait foi.

Que faire si le vendeur refuse de fournir les procès-verbaux ?

Considérez-le comme un signal d'alerte : sans ces documents, impossible de savoir quels travaux sont votés ou envisagés ; ne signez pas d'arras avant de les avoir obtenus.

Combien d'années de dettes de copropriété l'acheteur peut-il supporter ?

L'année de la vente et les trois années civiles précédentes (article 9.1.e de la loi sur la propriété horizontale).

Qui délivre le certificat de dettes ?

Le secrétaire de la copropriété, avec le visa du président, dans un délai de sept jours calendaires au plus.

Une derrama votée avant la vente est-elle due par le vendeur ?

Pas automatiquement : elle est due par le propriétaire à la date d'exigibilité, sauf accord écrit entre vendeur et acheteur, qui ne lie pas la copropriété.

Quel est le minimum du fonds de réserve ?

10 % du dernier budget ordinaire.

Faut-il l'accord des voisins pour louer en touristique ?

Oui pour toute nouvelle activité depuis le 3 avril 2025 : accord exprès des 3/5 des propriétaires et des quotes-parts.

Sources officielles utilisées

Les règles et montants cités renvoient aux administrations espagnoles ci-dessous, à consulter pour l'état du droit en vigueur. Dernière mise à jour : octobre 2026.

Pour aller plus loin

Les guides qui prolongent cette page, selon l'étape de votre projet.

  • Pour les autres dettes qui suivent le bien : le guide des dettes transférées traite l'IBI, l'hypothèque et la retenue de 3 %.Pour repérer les risques qui doivent être levés avant tout versement, prolongez ici votre lecture de « Charges et travaux de copropriété ».
  • Pour budgéter les charges : le coût total d'un appartement intègre les charges annuelles au prix d'achat.Suite logique de « Charges et travaux de copropriété » : elle sert à approfondir le point « pour budgéter les charges ».
  • Pour la liste complète des contrôles : les vérifications avant achat placent le certificat de copropriété parmi les documents à exiger.Complément direct du guide « Charges et travaux de copropriété » : de quoi approfondir le point « pour la liste complète des contrôles ».

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Informations générales à jour en 2026. Règles tirées de la loi 49/1960 dans sa version en vigueur en octobre 2026, y compris la réforme du 3 avril 2025.