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Bien en Espagne, résident en France : comment éviter la double imposition

Édité par le Réseau d'avocats Espagne Support — Mis à jour le 29 octobre 2026

Réponse courte

La convention fiscale franco-espagnole du 10 octobre 1995 attribue à l'Espagne le droit d'imposer les revenus et plus-values d'un bien immobilier situé en Espagne. Le résident fiscal français paie donc l'impôt espagnol des non-résidents (IRNR, modèle 210), puis déclare ces revenus en France, qui accorde un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant : le revenu n'est pas imposé deux fois, mais il est pris en compte pour calculer le taux applicable à vos autres revenus français. Les prélèvements sociaux français suivent des règles spécifiques à vérifier selon votre situation.

Déclaration d'impôts en Espagne pour un propriétaire — illustration du guide « Bien en Espagne, résident en France : comment éviter la double imposition »

Le principe : l'Espagne impose, la France neutralise

La convention explique les droits des deux États, mais il faut d’abord identifier l’impôt concerné. Notre vue d’ensemble de la fiscalité en Espagne pour un foyer français sépare revenus, détention du logement et transmission avant l’examen du mécanisme conventionnel.

L'article 6 de la convention prévoit que les revenus immobiliers sont imposables dans l'État où le bien est situé, et l'article 13 fait de même pour les plus-values immobilières. L'Espagne taxe donc vos loyers, votre revenu imputé si le logement n'est pas loué, et la plus-value à la revente.

Côté français, l'élimination de la double imposition passe par un crédit d'impôt égal au montant de l'impôt français afférent à ces revenus. En pratique, le revenu espagnol est déclaré (formulaire 2047 puis report sur la 2042), il augmente le taux moyen appliqué à vos autres revenus, mais l'impôt français qui lui correspond est effacé. C'est ce qu'on appelle souvent, par simplification, la méthode du taux effectif.

Déterminer sa résidence fiscale en France ou en Espagne : des critères différents

Être résident fiscal espagnol suppose, selon le droit espagnol, un séjour de plus de 183 jours sur le territoire au cours de l'année civile, ou le centre de ses intérêts économiques en Espagne. En France, le domicile fiscal s'apprécie différemment, selon l'article 4 B du code général des impôts : le foyer ou le lieu du séjour principal, l'exercice d'une activité professionnelle à titre principal, ou le centre des intérêts économiques [3](https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1911-PGP.html/identifiant%3DBOI-IR-CHAMP-10-20160728). Un propriétaire non-résident en Espagne, simplement détenteur d'un bien, reste résident fiscal de son pays d'origine et relève de la convention pour ses seuls revenus espagnols.

Ce que vous payez en Espagne

Un logement non loué génère un revenu imputé : un pourcentage de la valeur cadastrale (1,1 % ou 2 % selon que cette valeur a été révisée récemment ou non), taxé à 19 % pour un résident de l'Union européenne. Un logement loué est taxé sur les loyers ; les résidents de l'UE peuvent déduire les charges liées à la location. S'y ajoutent l'IBI municipal, qui n'est pas concerné par la convention, et, dans certaines régions, l'impôt sur la fortune au-delà des seuils.

À la revente, la plus-value est taxée à 19 % pour un non-résident européen, et l'acheteur retient 3 % du prix qu'il reverse au Trésor espagnol en acompte. Le détail des déclarations figure dans nos guides du modèle 210 et de la plus-value.

Ce que vous déclarez en France

Chaque année, les revenus fonciers espagnols et le revenu imputé sont déclarés sur le formulaire 2047, dans la rubrique des revenus imposables en France ouvrant droit à un crédit d'impôt égal à l'impôt français. La plus-value espagnole se déclare également, selon les modalités prévues pour les plus-values immobilières étrangères.

Ne pas déclarer ces revenus en France est une erreur fréquente : l'impôt espagnol payé ne dispense pas de la déclaration française. Le compte bancaire espagnol doit en outre être déclaré sur le formulaire 3916. Ces obligations se vérifient avec votre conseiller fiscal français.

Prélèvements sociaux sur les revenus espagnols : un point à faire vérifier

Les prélèvements sociaux français sur les revenus du patrimoine étranger ont fait l'objet d'évolutions liées au droit européen pour les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'UE. Leur application dépend de votre affiliation et de la nature du revenu. Nous ne donnons pas de règle générale sur ce point : elle doit être confirmée pour votre dossier par un fiscaliste français.

Anticiper dès l'achat

Le choix entre détention en nom propre, en indivision ou via une société, la répartition entre époux et le projet locatif ont des conséquences fiscales des deux côtés des Pyrénées. Une société française qui achète en Espagne, par exemple, obéit à des règles propres. Mieux vaut poser ces questions avant la signature que les découvrir à la première déclaration.

Notre réseau d'avocats traite le volet espagnol ; ses honoraires sont fixés au forfait sur proposition écrite, à demander par téléphone ou via le formulaire de contact.

Questions fréquentes

Vais-je payer deux fois l'impôt sur mes loyers espagnols ?

Non. L'Espagne les impose et la France accorde un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant. Ils augmentent toutefois le taux appliqué à vos autres revenus français.

Dois-je déclarer mon appartement espagnol non loué en France ?

Le revenu imputé espagnol relève de la convention ; sa déclaration française et son traitement doivent être vérifiés avec votre conseiller. Le compte bancaire espagnol, lui, se déclare sur le formulaire 3916.

La taxe foncière espagnole (IBI) est-elle déductible en France ?

L'IBI est un impôt local espagnol qui n'entre pas dans le mécanisme de la convention. Pour un bien loué, il est déductible des loyers dans la déclaration espagnole d'un résident de l'UE.

Quel taux paie un résident français sur la plus-value en Espagne ?

19 % en tant que résident de l'Union européenne, avec une retenue de 3 % du prix par l'acheteur imputée sur l'impôt dû.

Sources officielles utilisées

Les règles et montants cités renvoient aux sources officielles ci-dessous, à consulter pour l'état du droit en vigueur. Dernière mise à jour : 29 octobre 2026.

Pour aller plus loin

Les guides qui prolongent cette page, selon l'étape de votre projet.

  • Déclarer le modèle 210Suite logique de « Double imposition » : elle sert à chiffrer les taxes et obligations qui influencent le coût réel du projet.
  • Plus-value à la reventeSuite logique de « Double imposition » : elle sert à chiffrer les taxes et obligations qui influencent le coût réel du projet.
  • L'IBI annuelPour chiffrer les taxes et obligations qui influencent le coût réel du projet, prolongez ici votre lecture de « Double imposition ».
  • Acheter en SCI françaiseLecture conseillée après « Double imposition » afin de approfondir le point « acheter en sci française ».
  • Succession en EspagnePour anticiper la transmission, les formalités et la fiscalité entre la France et l'Espagne, prolongez ici votre lecture de « Double imposition ».

Une question sur votre projet ?

Nos avocats francophones répondent par téléphone et établissent une proposition d'honoraires au forfait, sans engagement.

Informations générales. Fiscalité présentée à titre informatif d'après la convention franco-espagnole et la législation connue à la date de mise à jour ; chaque situation doit être confirmée par un professionnel.