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Succession en Espagne : hériter d'un bien immobilier quand on vit en France

Édité par le Réseau d'avocats Espagne Support — Mis à jour le 30 septembre 2026

Réponse courte

Depuis le règlement européen n° 650/2012, applicable aux décès survenus à partir du 17 août 2015, une succession est en principe régie par une loi unique : celle de l'État où le défunt avait sa résidence habituelle, sauf s'il a choisi par testament la loi de sa nationalité. Un Français résidant en France qui laisse un appartement en Espagne voit donc sa succession réglée selon le droit français, y compris pour la réserve héréditaire. La fiscalité, elle, reste nationale : l'Espagne prélève l'impôt sur les successions (ISD) sur le bien situé sur son territoire, selon les règles de la communauté autonome concernée, et la France taxe également, en imputant l'impôt espagnol. La déclaration espagnole se dépose dans les six mois suivant le décès, prorogeables sur demande. En pratique, il faut réunir le certificat de décès, le certificat du registre espagnol des actes de dernière volonté, le titre de propriété, les NIE des héritiers, puis signer un acte d'acceptation de succession devant notaire espagnol avant l'inscription au registre foncier.

Succession d'un bien immobilier en Espagne

Le schéma des étapes

ImpôtsRegistreDémarches pratiquesChaque année
  1. Au décèsDéterminer la loi applicable

    Résidence habituelle du défunt, sauf choix de sa nationalité par testament.

  2. Dès le départRéunir les documents

    Certificat de décès, registre des dernières volontés, titres, NIE des héritiers.

  3. Dans les 6 moisDéclarer l'impôt espagnol

    ISD auprès de la communauté autonome, prorogeable sur demande.

  4. EnsuiteActe d'acceptation et registre

    Signature devant notaire espagnol, puis inscription au registre foncier.

  5. En amontAnticiper de son vivant

    Testament, choix de loi, démembrement : les options qui simplifient tout.

En vidéo

Quelle loi s'applique : la règle du règlement européen

Avant 2015, le droit français appliquait la loi du lieu de situation aux immeubles : un appartement à Alicante relevait du droit espagnol, un compte à Paris du droit français. Le règlement européen sur les successions a mis fin à ce morcellement. Désormais, l'ensemble de la succession, meubles et immeubles, obéit à une seule loi, déterminée par la dernière résidence habituelle du défunt.

Pour un Français vivant en France, c'est donc le droit français qui s'applique au bien espagnol : ordre des héritiers, droits du conjoint, réserve des enfants. Pour un Français installé en Espagne depuis plusieurs années, c'est au contraire le droit espagnol, et plus précisément le droit civil commun ou celui de la région concernée, certaines communautés comme la Catalogne, les Baléares, l'Aragon ou le Pays basque disposant de leur propre droit successoral.

Le règlement permet de choisir dans son testament la loi de sa nationalité. Un Français résidant en Espagne peut ainsi soumettre sa succession au droit français. Ce choix, appelé professio juris, doit être exprès et s'anticipe avec un professionnel, car il a des conséquences sur les droits des enfants et du conjoint.

La loi applicable ne dit rien des impôts : même quand le droit français régit la succession, l'Espagne conserve le droit de taxer le bien situé chez elle, et les formalités de transfert de propriété restent espagnoles.

  • Décès depuis le 17 août 2015 : loi unique pour toute la succession.
  • Critère : dernière résidence habituelle du défunt.
  • Choix possible par testament de la loi de sa nationalité.
  • Fiscalité et formalités immobilières restent espagnoles.

L'impôt espagnol sur les successions (ISD) pour les héritiers non-résidents

L'impuesto sobre sucesiones y donaciones est dû par chaque héritier sur la part qu'il reçoit. Pour un bien immobilier situé en Espagne, les héritiers non-résidents sont imposables en Espagne même si ni eux ni le défunt n'y ont jamais vécu.

Longtemps, les non-résidents étaient soumis au barème de l'État, sans les abattements très généreux votés par la plupart des régions. La Cour de justice de l'Union européenne a jugé cette différence contraire à la libre circulation des capitaux en septembre 2014. Depuis, les héritiers résidant dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen peuvent appliquer les règles de la communauté autonome concernée, et la jurisprudence espagnole a étendu cette solution aux résidents d'États tiers.

Le résultat varie considérablement selon la région. Plusieurs communautés, dont l'Andalousie et Madrid, accordent des réductions très importantes aux enfants et au conjoint ; d'autres, comme la Communauté valencienne ou la Catalogne, prévoient des abattements ou bonifications dont le niveau a souvent changé ces dernières années. Il faut donc toujours raisonner sur la règle en vigueur à la date du décès, dans la région du bien.

Le calcul tient compte du lien de parenté, du patrimoine préexistant de l'héritier et de la valeur du bien. Pour cette valeur, l'administration utilise désormais la valeur de référence du cadastre lorsqu'elle existe, selon la même logique que pour l'ITP lors d'un achat.

  • Impôt dû par chaque héritier sur sa part.
  • Règles de la région du bien applicables aux non-résidents.
  • Écarts très importants d'une communauté autonome à l'autre.
  • Base : valeur de référence du cadastre lorsqu'elle existe.

Double imposition France-Espagne : ce qui se passe réellement

Il n'existe pas de convention fiscale franco-espagnole en matière de successions. Si le défunt ou l'héritier est domicilié fiscalement en France, la France taxe l'ensemble des biens transmis, y compris l'appartement espagnol.

Pour éviter une double imposition complète, le droit français permet d'imputer sur l'impôt français l'impôt payé en Espagne sur le bien espagnol, dans la limite de l'impôt français correspondant à ce bien. Si l'impôt espagnol est plus élevé, l'excédent n'est pas remboursé ; s'il est plus faible, la France prélève la différence.

La conséquence pratique est qu'une réduction régionale espagnole très favorable ne profite pas toujours pleinement à l'héritier français : ce qu'il ne paie pas en Espagne peut être rattrapé en France. Une simulation dans les deux pays, avant de choisir notamment entre vente et conservation du bien, évite de mauvaises surprises.

  • Pas de convention successorale entre la France et l'Espagne.
  • Imputation en France de l'impôt espagnol, dans la limite de l'impôt français.
  • Déclaration de succession à prévoir dans les deux pays.

Les étapes concrètes pour récupérer le bien

La première démarche consiste à obtenir, à partir de quinze jours ouvrés après le décès, le certificat du Registro General de Actos de Última Voluntad à Madrid. Il indique si le défunt a signé un testament devant un notaire espagnol. Si c'est le cas, on demande une copie authentique de ce testament ; sinon, on s'appuie sur le testament français ou sur l'acte de notoriété dressé en France.

Chaque héritier doit disposer d'un NIE. Les documents français, acte de décès, acte de notoriété, testament, doivent être apostillés si nécessaire et traduits en espagnol par un traducteur assermenté. Le certificat successoral européen, délivré par le notaire français, simplifie la preuve de la qualité d'héritier dans les autres États membres.

Les héritiers signent ensuite devant un notaire espagnol l'acte d'acceptation et de partage de la succession, en personne ou par procuration. Viennent alors le paiement de l'ISD dans la région du bien, celui de la plus-value municipale due par les héritiers en cas de transmission, puis l'inscription au Registro de la Propiedad et le changement de titulaire au cadastre et pour l'IBI.

Tant que ces étapes ne sont pas terminées, le bien ne peut pas être vendu proprement : l'acheteur exigera une inscription au registre au nom des vendeurs. Une succession laissée en suspens plusieurs années se complique par les pénalités, les intérêts et, parfois, le décès d'un héritier.

  • Certificat des actes de dernière volonté (Madrid).
  • NIE de chaque héritier, documents apostillés et traduits.
  • Acte d'acceptation de succession chez le notaire espagnol.
  • Paiement de l'ISD et de la plus-value municipale, puis inscription au registre.

Succession sans testament : la déclaration d'héritiers

Lorsque le défunt n'a laissé aucun testament, on parle de succession ab intestat : c'est l'ordre légal espagnol qui s'applique (enfants, à défaut parents, puis conjoint, puis frères et sœurs), sauf si une autre loi a été désignée dans les conditions vues plus haut. La procédure est alors plus longue, car elle impose d'abord d'obtenir une déclaration d'héritiers par acte notarié avant de pouvoir signer l'acceptation de la succession.

Le gel des comptes bancaires au décès

En Espagne, la banque est tenue solidairement responsable du paiement de l'impôt sur les successions attaché aux avoirs du défunt. Dès que le décès lui est notifié, elle bloque généralement les comptes. Pour les débloquer, les héritiers doivent présenter la preuve que l'impôt sur les successions a bien été acquitté. L'obtention du NIE pour chaque héritier non-résident est donc la première démarche à engager, sans quoi ni la liquidation de l'impôt ni la signature de l'acte d'adjudication ne sont possibles.

Délais, pénalités et prescription

La déclaration espagnole d'impôt sur les successions doit être déposée dans les six mois suivant le décès. Une prorogation de six mois supplémentaires peut être demandée pendant les cinq premiers mois, moyennant des intérêts de retard. Passé ce délai, des majorations s'appliquent, croissantes avec le retard.

La plus-value municipale obéit au même délai de six mois en cas de décès, prorogeable sur demande. Elle est à la charge des héritiers et se calcule selon les deux méthodes introduites en 2021, avec absence d'impôt lorsqu'aucun gain n'est démontré.

Côté français, la déclaration de succession se dépose dans les six mois lorsque le décès a eu lieu en France, et dans un délai plus long lorsqu'il est survenu à l'étranger. Coordonner les deux calendriers évite de payer des intérêts dans un pays faute d'avoir pu justifier l'impôt dans l'autre.

  • Espagne : six mois, prorogation de six mois sur demande.
  • Plus-value municipale : même délai, due par les héritiers.
  • France : délai de dépôt selon le lieu du décès.

Anticiper : testament espagnol, choix de la loi, démembrement

Un testament signé devant un notaire espagnol, limité au bien situé en Espagne ou coordonné avec le testament français, accélère considérablement la succession : il est immédiatement identifié par le registre des actes de dernière volonté et directement exploitable par le notaire espagnol.

Pour un propriétaire qui envisage de s'installer en Espagne, la question du choix de la loi applicable mérite d'être posée tôt, car la résidence habituelle détermine la loi successorale par défaut. Les couples mariés doivent aussi vérifier leur régime matrimonial, qui fixe la part du conjoint survivant avant tout partage.

L'achat en démembrement, la clause d'accroissement ou la donation anticipée existent en droit espagnol ou peuvent y produire des effets, mais leur traitement fiscal diffère du droit français et doit être étudié dans les deux pays. Ce sont précisément les situations où un avocat bilingue, habitué aux successions franco-espagnoles, fait gagner du temps et de l'argent.

  • Testament notarié espagnol : identification et exécution plus rapides.
  • Choix de la loi applicable à prévoir avant une installation.
  • Régime matrimonial à vérifier avant tout partage.

Lexique utile de la succession en Espagne

  • Escritura de Herencia : l'acte notarié d'acceptation et d'adjudication de l'héritage, qui vaut titre de propriété pour les héritiers.
  • Caudal Relicto : la masse héréditaire nette, actifs moins dettes, qui sert de base au calcul de l'impôt.
  • Legítima : la réserve héréditaire des enfants et descendants, fixée par le Code civil espagnol aux deux tiers du patrimoine héréditaire des parents [1](https://www.iberley.es/legislacion/articulo-808-codigo-civil), applicable quand le droit civil commun espagnol régit la succession.
  • Sujeto Pasivo : l'héritier, redevable de l'impôt face à l'administration fiscale espagnole.
  • Professio Iuris : la désignation, dans le testament, de la loi nationale applicable à la succession plutôt que celle de la résidence.

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  • « Pour un Français, c'est toujours la loi espagnole qui règle la succession du bien situé en Espagne. »

  • « Chaque héritier doit avoir son propre NIE. »

  • « L'impôt de succession espagnol peut être déclaré quand on veut, sans pénalité. »

  • « Il faut se déplacer en Espagne pour accepter la succession. »

Ce qu'en disent nos clients

Extraits d'avis clients réels, anonymisés. Note moyenne : 4,9/5 sur 55 avis.

« Nous avions un dossier épineux de succession immobilière que nous n'arrivions pas à régler jusqu'à ce que nous prenions contact avec cette équipe. Très bons échanges, réactivité et suivi régulier du dossier, dans un très bon français. Une adresse à conserver précieusement. »
Chloé P. — Succession immobilière bloquée, enfin réglée, avis Google
Dossier suivi par Réseau d'avocats francophones
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Dossier suivi par Réseau d'avocats francophones

Questions fréquentes

Mon père résidait en France et avait un appartement en Espagne : quelle loi s'applique ?

La loi française, pour l'ensemble de la succession, si le décès est survenu depuis le 17 août 2015 et qu'il n'a pas choisi une autre loi par testament. Les impôts et formalités espagnols restent toutefois dus pour le bien situé en Espagne.

Dois-je payer des droits de succession en Espagne et en France ?

Souvent oui, déclarations dans les deux pays. L'impôt payé en Espagne sur le bien espagnol s'impute sur l'impôt français dans la limite de l'impôt français afférent à ce bien, ce qui évite une double imposition totale sans la supprimer toujours.

Quel est le délai pour déclarer la succession en Espagne ?

Six mois à compter du décès, avec une prorogation possible de six mois demandée pendant les cinq premiers mois. Au-delà, des majorations et intérêts s'appliquent.

Faut-il un NIE pour hériter d'un bien en Espagne ?

Oui, chaque héritier doit en obtenir un pour signer l'acte d'acceptation, payer l'impôt et être inscrit au registre foncier.

Peut-on régler la succession sans se déplacer en Espagne ?

Oui, par une procuration notariée signée en France, apostillée si nécessaire, au profit d'un avocat ou d'un mandataire en Espagne, qui signe l'acte d'acceptation à votre place.

Peut-on vendre le bien avant la fin de la succession ?

Pas proprement : l'acheteur et le notaire exigent que le bien soit inscrit au nom des héritiers vendeurs. Acceptation, paiement des impôts et inscription au registre précèdent donc la vente.

Les abattements régionaux espagnols s'appliquent-ils aux Français ?

Oui : depuis l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne de 2014 et la jurisprudence espagnole qui a suivi, les héritiers non-résidents peuvent appliquer les règles de la communauté autonome du bien.

Un testament français suffit-il ?

Il est valable en Espagne, mais doit être traduit, accompagné des pièces françaises et, selon les cas, apostillé. Un testament notarié espagnol coordonné simplifie souvent la procédure pour le bien espagnol.

Que se passe-t-il si un proche décède en Espagne sans testament ?

La succession suit l'ordre légal espagnol (enfants, puis parents, puis conjoint, puis frères et sœurs), sauf application d'une autre loi par le jeu du règlement européen. Une déclaration d'héritiers par acte notarié est nécessaire avant l'acceptation de la succession.

Pourquoi les comptes bancaires sont-ils bloqués après un décès en Espagne ?

La banque est solidairement responsable du paiement de l'impôt sur les successions : elle bloque les comptes dès la notification du décès et ne les débloque qu'à la présentation de l'impôt acquitté.

Sources officielles utilisées

Les règles et montants cités renvoient aux administrations espagnoles ci-dessous, à consulter pour l'état du droit en vigueur. Dernière mise à jour : septembre 2026.

Pour aller plus loin

Les guides qui prolongent cette page, selon l'étape de votre projet.

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Informations générales à jour en 2026. Les abattements régionaux, barèmes et délais de l'impôt sur les successions changent souvent : vérifiez la règle en vigueur à la date du décès dans la communauté autonome du bien.